Comme pour le premier chapitre, il s'agit du brouillon, c a d que je serai peut-être amenés a apporter des modifications, Bonne lecture!
Les deux semaines séparant Agathe des grandes vacances s'écoulèrent très vite et elle mettait tout en ½uvre pour qu'on ne découvre son « nouveau nez ». Elle avait commencé par ne plus se rendre à l'école ce qui ne la dérangeait en aucun cas, et puis les dernières semaines ne sont jamais importantes avait-elle pensé. Sa mère n'avait rien remarqué, trop occupée à picoler, bien que sa consommation avait quelque peu diminué ces derniers jours. Puis elle s'efforçait de porter des écharpes, ce qui n'était pas très commode pour passer l'été. Qui pourrait bien se moquer? Agathe ne sortait jamais de la maison sauf quand il fallait faire les courses où aller faire la lessive a la laverie la plus proche.
Agathe avait eu le temps de penser très sérieusement à ce qu'il lui était arrivée, et en était venue à la conclusion que si son nez s'était transformé elle pouvait effectuer ce changement à l'infini et même le faire redevenir ce qu'il était avant, mais le problème était de savoir comment. Elle s'entraînait chaque jour, s'efforçant de ce concentrer sur ce nez qui la rendait heureuse, et qui l'avait fait s'endormir chaque soir plus sereinement. Elle se demandait si elle ne s'était pas emballer trop vite et ne devais pas plutôt envisager d'autres réponses à la question « comment ».Ce changement était peut-être définitif, ce qui n'était pas plus mal. Les séances n'avaient produit en quinze jours de temps, aucun effet. « Je suis victime d'une véritable hallucination, un rêve éveillé » pensait-elle, pourtant il était bien la, si parfait. Elle l'observait dans ses moindres détails aussitôt qu'elle le pouvait, à l'aide de son miroir de poche.
Perdue dans ses pensées, Agathe fut immédiatement ramenée à la réalité par l'appel de sa mère dans les escaliers. Un appel qui la fit réagir de suite car elle ne reconnut pas la voix de sa mère qui semblait aller mieux depuis quelques jours. Madame Thibault avait-elle remarqué quelque chose? Agathe enfila rapidement un pull à col roulé qu'elle remonta jusqu'à la moitié de son visage pour ne pas laisser paraître son nez puis elle dévala les escaliers. Agathe vit ce qu'elle n'avait pas vu depuis longtemps, sa mère était comme dans son habitude, assise à la petite table de cuisine, cependant elle ne vit aucun verre ni aucune bouteille dans les parages. Les cernes avaient disparues de son visage et son teint violacé avait viré au rose.
- Je dois te parler, c'est important, dit Madame Thibault dans un élan de précipitation
Agathe hocha la tête, n'osant rien ajouter, et s'assois en face de sa mère.
- Ecoutes, je pense que tu es assez grande pour comprendre ce que je suis en mesure de te dire.
Agathe hochait toujours la tête, impatiente de savoir ce que sa mère allait bien pouvoir lui dire.
- Je suis désolée pour cette situation, je voudrai plus que tout au monde pouvoir être une mère normale pour toi...
Il eu un moment de silence et Madame Thibault baissa la tête.
-Il n'est pas trop tard pour...guérir...je me suis rendue compte de tout le mal que je te fait et que je me fais par la même occasion... j'ai pris une décision importante pour toi, pour nous...
Madame Thibault posa sur la table un billet de train, Agathe le regarda, essayant de comprendre.
- J'ai pris la décision de te confier à ta tante, qui s'occupera de toi pendant toutes les vacances, le temps que je guérisse... cela prendra du temps, beaucoup de temps mais j'ai de la volonté...
Agathe était plus que émue, et n'eut pas le courage de répondre, elle se contenta de baisser les yeux comme gênée par la situation. Elle se leva et pris sa mère dans ces bras pour la remercier de lui offrir cette nouvelle vie.
Les paroles de sa mère se répétèrent ainsi dans sa tête toute la nuit.
Elle allait rencontrer pour la première fois sa tante, et ses cousins. Comment allait-elle être accueillie au sein de cette famille dont elle ignorait l'existence jusque là? Au moins elle n'aurait pas à se cacher bêtement et allait pouvoir enfin vivre. Sa mère était décidée a guérir, et ça c'était une chose essentiel pour Agathe qui était prête a lui pardonner toutes ces années de souffrances.
Il était 9h00, et Agathe attendait impatiemment le taxi qui l'amènerait vers une nouvelle vie. Elle portait son seul bagage dans sa main droite et essuyait ses larmes du revers de l'autre main. Madame Thibault, assise sur le perron agitait encore sa main lorsque le chauffeur mis sa valise dans le coffre, puis elle s'engouffra dans le taxi. Elle échangea un dernier regard avec sa mère puis le taxi démarra. A peine arrivée au coin de la rue, Agathe se découvrit pour laisser paraître son nez.
Le voyage fut long, le chauffeur était resté muet durant tout celui-ci et il était déjà 12h00 quand elle monta dans le train, les portes se refermèrent et Agathe sentait monter en elle un sentiment de peur et d'appréhension. A quoi ressemblerait la famille qui allait l'accueillir? L'arrivée du plateau repas permit à Agathe de se remplir l'estomac, elle mourait de faim.
Il ne fallu pas plus de quelques heures pour rejoindre Londres où elle passerai l'été. Le train ralentissait et entrait en gare. Agathe rassembla l'ensemble de ses affaires et se précipita vers la porte du wagon. Une foule bruyante attendait sur le quai, certain brandissait des pancartes où des noms plus grotesques les uns que les autres étaient inscrits, d'autres accueillaient déjà leur famille ou leurs amis dans une euphorie la plus complète. Agathe chercha des yeux son nom parmi les différentes pancartes, puis son regard s'arrêta sur un morceau de carton où était grossièrement écrit « Agate ». Le souffle saccadé, elle s'avança vers la femme qui tenait la pancarte...
-Madame? dit-elle a l'égard de la femme qui, dans un sursaut détourna le regard sur elle.
-Oh! Tu doit sûrement être Agathe,... bienvenue a Londres... je suis ta tante, mais appelle moi plutôt Macha , dit-elle avec un grand sourire de vendeuse d'aspirateur. Sa large frange laissait paraître deux grands yeux bleu pâle et son double cou tremblait comme de la gélatine à chacun de ses mouvements. Agathe ne sut répondre, les mots peinaient à sortir de sa jolie bouche, elle était visiblement impressionnée par cette grande silhouette. La grande femme lui tendit une joue puis l'autre. Agathe eu le droit a toutes les brides qu'un adulte puisse dire à un enfant quand celui-ci ne l'avait pas vu depuis longtemps: « qu'est ce que tu as grandis, tu ressembles tellement a ta mère...la dernière fois que je t'ai vu, tu n'étais qu'un bébé ...»Agathe se contenta de sourire bêtement comme pour acquiescer les paroles de sa tante. Ils rejoignirent la rue après quelques minutes de marche parmi la foule pressée. Un taxi londonien les attendait.
- Vous n'avez pas de voiture? demanda Agathe
-Heu, et bien non...je n'ai pas le permis.
-Ah... et votre mari? Enfin je veux dire tonton ajouta Agathe
-oh, lui non plus.
Agathe et tante Macha s'engouffrèrent dans le taxi, la chaleur étouffante les poussa à se débarrasser de toutes leurs couches de vêtements. Agathe avait sur les genoux sa lourde valise que le chauffeur n'avait pas pris la peine de hisser dans le coffre. L'appréhension d'Agathe s'était apaisée, le fait d'avoir rencontré sa tante l'avait soulagé. Après une heure passée dans les embouteillages, le taxi arriva enfin dans une petite ruelle commerçante et ralentit dans un crissement de frein. Le quartier était vivant, les quelques passants se pavanaient avec leur sac de course, dans une atmosphère de volupté. Les maisons étaient agglutinées et semblaient se monter les unes sur les autres
Tante Macha et Agathe sortirent du taxi, le temps de régler la course et le taxi reparti déjà.
- C'est ici dit tante Macha en montrant la petite maison d'en face ou plutôt la petite boutique qui régnait dans le quartier.
- Vous avez une boutique s'exclama Agathe abasourdie
-Oui, ton oncle et moi avons monté cette petite affaire il y plus de 12 ans, avant la naissance de ta cousine Kim. Nous y vendons toute sorte de livres ainsi que des livres anciens que Kévin va chiner dans les marchés et autres endroits inimaginables.
-Vous êtes fermé aujourd'hui demanda Agathe en voyant le volet de fer orner la vitrine de la petite librairie
-Oui nous fermons le samedi répondit tante Macha en traversant la route, traînant la grosse valise d'Agathe derrière elle comme si elle commençait déjà à la materner. Surprise par cette réaction, Agathe se laissa bercer, dans le tournant e sa nouvelle vie qu'elle respirait à plein poumons. Une note de terreur la tourmentait pourtant, si sa mère ne guérissait pas, elle devrait retourner à l'Ouache en sachant qu'elle retrouverai la mère dépressive qu'elle avait laissée.
Tante Macha glissa la clé dans la grosse serrure qui ornait la porte de bois. Dans un grincement, elles entrèrent. Le hall de la maison paraissait ancien mais très bien conservé, le sombre papier peint jouait avec les moulures de bois vernis, quant aux rideaux, ils dansaient au nez du carrelage émeraude. Un escalier de bois massif régnait en maître au fond de la pièce, et de chaque coté se trouvait une porte, celle de gauche menait a la cuisine alors que celle de droite débouchait derrière le comptoir de la petite boutique
-Chérie, je suis rentré.
Un homme fit éruption de la cuisine.
-Bchour tout l'monde , dit l'homme la bouche péniblement pleine de nourriture. Il tendit a Agathe sa main ou plutôt un gant de cuisine puis déglutit avec difficulté tout en souriant, ce qui lui donnait un air de clown tragique. L'homme portait un long tablier de cuisine qui de haut en bas était taché, plus un centimètre carré ne laissait paraître la couleur d'origine de celui ci.
-Bonjour dit Agathe en serrant le gant de cuisine, en affichant un sourire discret.
-Tu dois mourir de faim n'est-ce pas?
Agathe répondit d'un signe de tête.
-On mange dans cinq minutes, le temps que Kim et Milly te montrent ta chambre dit l'homme qui venait de s'enfuir dans sa cuisine.
-Les filles!! cria tante Macha »
Un tumulte se fit entendre à l'étage du dessus, l'escalier gronda, et Agathe vit deux filles descendrent. La plus petite et la première des deux portait une jolie robe à fleurs bleues et un gentil n½ud dans ses cheveux brun. Agathe remarqua son long sourire qui la rendait si radieuse. La deuxième, quand a elle, était vêtue d'un simple jean et d'un tee-shirt à l'effigie d'un groupe de rock qu'Agathe ne connaissait pas. Elle avait les yeux d'un bleu si pur qu'on aurait pu y plonger.
-Salut dirent les deux filles d'une même voix.
-Bonjour leur répondit Agathe
-Voici Kim dit tante Macha en posant sa main droite sur l'épaule de la plus grande des filles, là, c'est Milly en posant son autre main sur l'épaule de celle-ci, et la bas, en désignant un vieux parc poussiéreux au fond de la cuisine, c'est Jeff, le petit dernier ajouta-elle.
-Aidez Agathe à monter ses bagages dans sa chambre pendant que je mets la table.
Kim avança sa main pour prendre la valise d'Agathe mais celle- ci s'en empara avant
-Laisse, je vais la porter dit Agathe
Elles montèrent toutes les trois l'escalier, et arrivèrent dans un long couloir où des portes s'alignaient, le parquet verni grinçait sous leur pied. Kim et Milly la conduirent dans la dernière pièce.
- C'est ma chambre, tu dors avec moi et Milly ira dormir dans la chambre de Jeff dit Kim entrant dans les lieux
La chambre était lumineuse et présentait dans ses murs une joie de vivre extraordinaire, de chaque coté de la pièce un lit était disposé et à leurs pieds une malle qui harmonisait le tout. On percevait sur les murs jaunis des rectangles plus pâles comme si on y avait retiré des tableaux ou des posters.
- Mets tes affaires dans l'armoire, maman a fait de la place dit Kim désignant la grande armoire.
Agathe tenta d'ouvrir l'armoire mais celle ci ne s'ouvra guerre.
-Non l'autre porte, celle-ci coince
A peine Agathe avait terminé de disposer ses vêtements dans l'armoire que tante Macha cria dans l'escalier.
-Agathe, Kim, Milly, a table!
Elles descendirent les marches de l'escalier quatre à quatre et déjà une douce odeur leur chatouilla les narines. Agathe se réjouit davantage à la vue du festin qui s'offrait à elle. Par politesse elle attendit les plats qui tardaient à venir à elle. Des panaches de vapeur s'en échappaient et se répandait dans la pièce comme un doux parfum. Oncle Kévin fit parvenir le plat jusqu'à Agathe
-Merci Monsieur dit-elle
-Ah non, appelle moi Kévin!
Agathe lui sourit, puis après s'être servi, elle passa le plat a Milly. Jeff frappait avec force la tablette de sa chaise haute et marmonnait des paroles incompréhensibles tandis que Tante Macha essayait de lui enfourner une cuillérée de purée de carotte dans la bouche. Un vrai combat!
Réunis autour de ce festin, tout le monde semblait se régaler, un silence persistait, on entendait seulement les couverts s'entrechoquer et les déglutitions expressives.
-Tu es en quelle classe? demanda Kim qui rompit le silence après avoir vidé le contenu de son verre d'un seul trait.
-Je rentre au collège cette année répondit Agathe et toi?
-Moi j'entre en deuxième année a P..
-Au collège du quartier coupa tante Macha tout en renversant une cuillère de compote de carotte par terre.
Tante Mâcha et Kim se regardèrent et oncle Kévin failli s'étouffer avec son morceau de viande.
Un sentiment de malaise s'installa sur la table, Agathe ne comprenait pas ce que Kim avait dit de mal. Le reste du repas fut silencieux mais très vite l'ambiance bonne enfant réapparut.
-je peux vous aider proposa Agathe au moment de débarrasser la table.
-Non c'est très gentil a toi, mais il est l'heure d'aller se coucher répondit tante Macha
-Oh non maman, il n'est que 20h30! ronchonna Milly.
-Ne discute pas dit tante Macha en élevant la voie. Je monte dans cinq minutes, mettez vous en pyjama!
Les filles sortirent de la cuisine et montèrent l'escalier en soufflant pendant que Tante Macha prenait Jefferson dans ses bras pour l'installer dans son parc.
Après avoir mis leurs pyjamas, Agathe et Kim s'installèrent toutes deux sur leurs lits respectifs et se mirent très vite à discuter de diverses choses et de faire état de leurs points commun. La conversation commençait à s'éterniser quand de lourds pas se firent entendre dans l'escalier.
-Voilà maman, annonça Kim
Les pas augmentèrent d'intensité, puis la porte s'ouvrit et tante Macha apparut dans l'encadrement. Elle portait Jeff dans ses bras, sans doute pour aller le coucher.
-Dormez bien les filles dit-elle d'une voie rêveuse alors que Kim et Agathe se glissèrent dans la douceur de leurs lits.
Tante Macha ferma les rideaux l'un après l'autre de sa main libre puis se dirigea vers la porte. Elle éteignit la lumière et referma la porte dans une délicatesse la plus extrême. Agathe s'emmitoufla confortablement dans ses couvertures, elle ne s'était jamais sentie si bien depuis longtemps, elle tardait de faire plus ample connaissance avec cette famille qui l'avait accueilli sous leur toit. Elle éprouvait déjà tant de reconnaissance alors qu'elle les connaissait à peine. Le séjour ne faisait que commencer.
Mais Agathe pensait à la chose qui la préoccupait le plus: « son nez ». Le mystère n'avait toujours pas été élucidé et Agathe commençait à penser qu'il faudrait bien en parler un jour à quelqu'un. Oui, mais la question était de savoir à qui se confier? Elle risquait d'être prise pour une folle ou pour une menteuse. Il fallait prendre une décision.